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Mercredi 28 mars 2007 3 28 /03 /2007 21:05

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REVUE DE PRESSE

"Chères amies, Chers amis,

Désirsdavenir - 31 décembre 2007

A l'occasion de la fin de l'année, je sors à l'instant d'une visite de la caserne de pompiers de la Porte de Champerret, où j'ai été reçue à 15 heures cet après-midi.
 
J'ai choisi ce lieu symbolique pour mettre l'accent sur un service public particulièrement mobilisé en ce jour, et d'ailleurs toute l'année.
 
J'avais été invitée il y a déjà quelques temps, et je voulais terminer l'année en honorant cette promesse.
 
J'ai été reçue par le Colonel Fievet, responsable de l'état-major de la Brigade de sapeurs pompiers.
 
Après avoir visité la salle d'état-major où seront gérées toutes les activités de la nuit à venir sur Paris et les trois départements de la petite couronne, nous nous sommes rendus dans la salle d'appels du18. J'ai longuement discuté avec l'ensemble des pompiers chargés de répondre aux appels d'urgence, une bonne dizaine étant présents y compris trois médecins, un infirmier et du personnel médical spécialisé pour évaluer les appels.
 
Une discussion sur l'évolution du métier s'est alors engagée. Cette année les interventions des pompiers ont augmenté de plus de 17%. C'est aussi le miroir d'une société qui se raccroche à un service public qui obéit aux trois mots d'ordre, affichés dans la salle d'appels : "ALTRUISME, EFFICIENCE, DISCRETION".
 
Ils observent une montée des solitudes, des précarités, des pauvretés, mais aussi de personnes qui ne sont pas pauvres et appellent les pompiers parce qu'il y a moins de médecine libérale de proximité.
 
Malgré leur obligation de réserve, j'ai compris à demi-mot, y étant moi-même confrontée dans la région que je préside qu'il y a une réforme sérieuse et urgente à faire pour coordonner tout le dispositif des interventions d'urgence. Il est d'ailleurs à craindre que la franchise médicale va encore déporter vers les pompiers des interventions qui relèvent d'autres corps de métier.
 
A travers eux, c'est aussi à tous les métiers qui par leur dévouement assurent la continuité du lien social que j'ai voulu honorer.
 
La préfecture de Police n'a pas autorisé la presse à m'accompagner. C'est dommage car ce sont des sujets qui intéressent les Français, mais quelques photos ont été prises que je vous joins à cette lettre.
 
Je leur ai souhaité une très bonne année et je vous adresse également, à vous tous, mes voeux les plus chaleureux.
 
A bientôt,

Signature

 

Photos : R. Dussert / B. Place / BSPP



Voeux de Ségolène Royal
 

Désirsdavenir - 31 décembre 2007

"Bonsoir,

Ce soir j'ai d'abord une pensée particulière pour ceux qui souffrent, qui sont dans la solitude, dans l'abandon, ou qui ont connu au cours de l'année 2007, des drames ou des épreuves.

Je vous souhaite que l'année 2008 vous apporte de l'espoir et un nouveau départ dans la vie, et j'en suis sûre, cela va vous arriver.

Je souhaite à la France, c'est-à-dire à nous tous, une République plus fraternelle ou chacun et chacune aura le sentiment, et même la certitude, qu'il doit pouvoir avancer, réussir, en comptant sur les autres, et d'abord en comptant sur l'Etat.

Et d'abord, l'Etat doit tenir sa parole et ceux qui ont parlé en son nom doivent faire ce qu'ils ont dit. J'attends par conséquent que l'année 2008 apporte aux bas salaires une hausse conséquente, une revalorisation des petites retraites car je sais beaucoup de personnes âgées dans la difficulté, après avoir travaillé pourtant toute leur vie.

Je veux que l'année 2008 soit comme cela a été promis, l'année de lutte contre la vie chère. Et je souhaite pour la France, c'est-à-dire pour nous tous, que les garanties fondamentales soient renforcées et non pas fragilisées. Pouvoir se soigner, se loger, faire réussir ses enfants à l'école. Recevoir un juste salaire de son travail, pouvoir préparer l'avenir, pouvoir accéder aussi à la culture, tout cela la France a les moyens de pouvoir l'apporter à chacun et à chacune.

Un État fort doit aussi garantir une égalité de développement sur l'ensemble du territoire national et dans les outre-mers. Chacun a le droit d'accéder à la liberté de choix de sa vie, et en même temps aux conditions qui vont garantir cette liberté.

Le monde est devenu un village, rien de ce qui se passe à l'autre bout de la planète nous est étranger. Chaque événement a maintenant une incidence sur toutes les parties du globe. C'est pourquoi si nous voulons ensemble maîtriser les fanatismes, les terrorismes, les attaques insupportables à l'environnement, alors nous devons faire converger nos politiques diplomatiques pour que les valeurs de protection de la personne humaine l'emportent partout et toujours sur les valeurs financières ou sur l'obscurantisme. C'est cela aussi que je souhaite.

Le temps presse, la France mérite beaucoup mieux que cette juxtaposition entre des comportements ostentatoires et d'un luxe insolent d'un côté, et tant de précarité ou de fragilité pour le plus grand nombre de l'autre.

La France mérite mieux oui, parce que nous avons du potentiel, de l'énergie, du talent dans nos laboratoires, nos entreprises, nos écoles. Toute cette énergie-là, pendant l'année 2008, doit être mise au service d'une croissance enfin retrouvée.

Le temps presse, le potentiel est là, et c'est pourquoi je souhaite que l'année 2008 soit l'année de la morale des comportements et des résultats."


Pour Royal, Sarkozy rabaisse la fonction présidentielle

Libération.fr - jeudi 27 décembre 2007

C’était prévisible. Et il n’est pas impossible que cela amuse le président de la République. Le voyage offert par l’homme d’affaires Vincent Bolloré pour les congés du chef de l’Etat, de sa nouvelle amie, la chanteuse Carla Bruni, et de sa suite, a relancé la polémique sur les tendances people de Sarkozy. Une polémique qui ressemble à s’y méprendre à celle qu’avaient suscitée les largesses de cet ami du Président et riche homme d’affaires, lorsqu’il lui avait (déjà) offert un somptueux voyage à bord de son Falcon pour une croisière sur son yacht au large de Malte, en mai. Mais le Président «paillettes», visiblement, se contrefiche de cette controverse. Pourtant, hier, son ex-adversaire de la présidentielle Ségolène Royal l’a carrément accusé de «mettre en cause l’indépendance et la dignité de la fonction présidentielle», lui demandant de cesser de «provoquer par son comportement ostentatoire». Le porte-parole du PS, Benoît Hamon, lui, l’a soupçonné de se faire acheter : «Comment M. Bolloré a réussi en affaires ? En faisant de bons investissements. Eh bien, aujourd’hui, il continue à faire des investissements, et Nicolas Sarkozy est pour M. Bolloré un bon investissement.» Pour sa part, Alain Krivine, de la LCR, lui a reproché de se livrer à «une vraie provocation, au moment où il demande aux gens de se serrer la ceinture». Quant au PCF, il a tancé Sarkozy, l’appelant à «un peu de tenue». La défense a été assurée par un très proche du chef de l’Etat, Patrick Balkany, qui sur RTL a comparé, sans rire, Bolloré et son jet à «un ami qui vous [prêterait] sa voiture».


Ségolène Royal repart sur le terrain pour tenter de conquérir le Parti socialiste

LE MONDE - 25.12.07

Pas de trêve des confiseurs pour Ségolène Royal. Alors que le monde politique tourne au ralenti, l'ancienne candidate socialiste fait flèche de tout bois et renoue avec certains rituels de l'élection présidentielle.

Le 20 décembre, elle s'était rendue à Romans (Drôme) auprès des 197 salariés du chausseur Charles Jourdan, placé en liquidation. Lundi 24 décembre, elle s'est déplacée à la Cité Saint-Martin, à Paris, une structure d'hébergement d'urgence du Secours catholique qui accueille 260 personnes.

Ce déplacement, dans un lieu dont la moitié des occupants disposent d'un emploi, a permis à Mme Royal d'interpeller le gouvernement : il doit selon elle imposer la réquisition des logements vacants et "bousculer les communes de droite" pour qu'elles développent l'habitat social.

"Le jour de Noël, c'est là où l'on prend conscience, de la façon la plus aiguë, des inégalités criantes qui, loin de se réduire, s'aggravent en France", a-t-elle lancé. Mme Royal a visité plusieurs logements et posé, avec les familles, pour une photo de groupe.

Ces derniers jours, l'ancienne adversaire de Nicolas Sarkozy avait aussi réclamé une loi contre "les abus des banques" et fait savoir que le conseil régional de Poitou-Charentes, qu'elle préside, avait réduit fortement l'envoi de cartes de voeux afin d'attribuer les moyens économisés, sous forme de chèque-cadeau, aux 850 salariés victimes d'un licenciement économique en 2007.

L'AMBIANCE DES MEETINGS

Ces initiatives à dimension compassionnelle portent aussi un message politique. Face à ceux qui jugent le PS inaudible et invisible sur le terrain, la dirigeante socialiste, forte d'une aura qu'elle estime préservée pour l'essentiel, se pose comme la principale opposante à M. Sarkozy.

"Ségolène Royal ne se définit pas par rapport aux autres socialistes, mais en fonction de la relation qu'elle a nouée avec les Français. Elle est en train de créer un mouvement, une dynamique", assure un de ses proches, le député européen Vincent Peillon.

Après avoir tourné la page de l'échec de sa tentative, en juin, de prendre la direction du PS, Mme Royal accélère sa stratégie de reconquête. Elle envisage d'autres visites de terrain et replongera dans l'ambiance des meetings dès le 12 janvier en allant soutenir la candidate socialiste à la mairie de Saint-Brieuc (Côtes-d'Armor).

Son grand retour dans les instances du parti est programmé pour le 20 janvier, lors du dernier "forum de la rénovation" organisé sur le thème "les socialistes et l'individu".

A quelques mois d'un congrès qui devra refonder les idées du PS et trouver un successeur à François Hollande, ce regain d'activité suggère que Mme Royal est décidée à conquérir le parti. Et à tenter de se hisser à sa tête, quitte à susciter la candidature de Bertrand Delanoë ? L'ex-candidate reste évasive sur ses intentions.

Pour l'heure, ses proches s'activent à sonder le terrain afin d'évaluer si la partie est jouable ou s'il faut craindre que les tenants d'un front "Tout sauf Ségolène" n'engendrent un réflexe de "crispation de l'appareil". Jean-Michel Normand


Royal critique le comportement ostentatoire de Sarkozy

NOUVELOBS.COM - 27.12.2007

Son comportement, "ostentatoire", "met en cause l'indépendance et la dignité de la fonction présidentielle", indique la socialiste.

Dans un bref communiqué diffusé mercredi 26 décembre, Ségolène Royal accuse Nicolas Sarkozy de "mettre en cause l'indépendance et la dignité de la fonction présidentielle", reprochant au président de la République son "comportement ostentatoire".
"Le comportement de Nicolas Sarkozy met en cause l'indépendance et la dignité de la fonction présidentielle", indique son ex-adversaire à l'élection présidentielle.
"Il faut que Nicolas Sarkozy arrête de nous provoquer par son comportement ostentatoire et cesse d'être à la charge des milliardaires dont une partie des affaires dépend de l'Etat", a-t-elle ajouté.
D'autres figures de la gauche ont dénoncé le "mélange des genres" auquel se livre le président de la République, en raison du prêt d'un avion privé par le riche industriel Vincent Bolloré à Nicolas Sarkozy pour ses vacances en Egypte.

"Vivre comme les Français"

Pour l'ancien ministre socialiste Pierre Moscovici: "Quand Nicolas Sarkozy a augmenté son salaire, c'était théoriquement pour prendre en charge la totalité de ses dépenses privées, à commencer par ses dépenses de vacances", a-t-il rappelé sur Europe-1.
"Le président de la République est le premier des Français. Il doit vivre davantage comme les Français", a-t-il souhaité. "Ce qui est préoccupant, c'est que Nicolas Sarkozy éprouve de manière assez systématique le besoin de faire financer ses vacances, en tout cas le voyage pour ses vacances, par des chefs d'entreprise très riches comme M. Bolloré (...) Ce n'est pas normal".

"Un peu de tenue"

Nicolas Sarkozy et l'ancien mannequin Carla Bruni sont arrivés mardi à Louxor, en Egypte, à bord d'un Falcon 900X appartenant au groupe Bolloré que Nicolas Sarkozy avait déjà utilisé pour se rendre à Malte juste après son élection en mai dernier. Il avait alors également séjourné à bord du yacht appartenant au groupe de Vincent Bolloré.
"C'est peut-être un peu choquant que le président de la République utilise les moyens privés de quelqu'un qui détient des médias", a avancé de son côté le président (PS) de la région Ile-de-France Jean-Paul Huchon sur RTL. "C'est un peu ennuyeux, ça fait un peu italien", a-t-il noté. Et puis, "pour les Français qui aujourd'hui ont un peu de mal à joindre les deux bouts (...) je ne suis pas sûr que ce soit très habile".
Le Parti communiste français a quant à lui appelé Nicolas Sarkozy à "un peu de tenue", jugeant "indigne" son comportement de "clinquant milliardaire". "Un président de la République n'a pas à être sponsorisé, de quelque manière que ce soit, ne serait-ce que par égard pour le mandat que lui ont donné les Français", estime le PCF dans un communiqué.


Yannick Noah: «Tout me choque» dans l'action de Sarkozy

 Reuters

«Le déballage de richesse, le cynisme me choquent. La désinformation me choque», déclare-t-il au Journal du Dimanche.

LIBERATION.FR - AFP -  samedi 22 décembre 2007

Yannick Noah, qui avait soutenu Ségolène Royal lors de l’élection présidentielle, a déclaré que «tout (le) choque» dans l’action de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République, dans un entretien au Journal du Dimanche.

«L’attitude, le ton, l’arrogance me choquent. Le déballage de richesse, le cynisme me choquent. La désinformation me choque», estime l’ancien joueur de tennis devenu chanteur, qui dit toujours soutenir Ségolène Royal.

«Je n’ai pas encore rencontré quelqu’un qui m’a dit ce qu’il avait vraiment fait», ajoute-t-il. «Qu’est-ce qu’il y a eu à part un brouhaha et de la godille? Quels problèmes ont été réglés?»

«Je ne veux même pas parler du côté diversion avec la mise en scène de sa vie privée, et tous les médias qui suivent. C’est le roi avec sa cour, et les courtisans se mettent à genoux», poursuit Noah, qui avait tenu des propos comparables dans le journal Le Parisien de samedi.

Il indique en outre avoir reçu une proposition de l’entourage de Nicolas Sarkozy pour participer au concert du Champ de Mars le 14 juillet dernier.

«J’ai dit OK mais pour quatre fois le prix proposé, en rigolant», affirme-t-il. «J’étais au golf quand ils ont accepté ma fausse proposition, le lendemain (…) Je ne suis pas un courtisan, même à ce prix-là».

Noah a repris à Zinédine Zidane le titre de personnalité préférée des Français, que l’ancien footballeur lui avait ravi en juillet 2006, selon le classement réalisé par l’institut de sondages Ifop pour le même numéro du JDD.


Sarkozy, le président bionique

Mathieu Lindon

Libération.fr - samedi 22 décembre 2007

Et si Nicolas Sarkozy enregistrait un disque, s’il défilait pour les grands couturiers, s’il montait un spectacle Il était une fois Nicolas Sarkozy ? Au lieu de se demander ce que le Président peut faire pour nous, demandons-nous ce que chacun peut faire pour le Président. Il est déjà un artiste, un transformiste : un jour il libère les infirmières bulgares, un jour il est à deux doigts de casser la gueule aux pêcheurs, un jour il est à Disneyland, un jour il délivre ses amis les riches d’un coup de paquet fiscal (à en juger par les statistiques, les précédents présidents aussi aimaient les riches, juste plus discrètement). On dirait le film Dans la peau de Nicolas Sarkozy, où il enchaînerait les cascades sans doublure ; c’est le Jean-Paul Belmondo d’aujourd’hui. On le sent fin prêt pour une tournée mondiale en exclusivité sur TF1. Les politiques à la retraite écrivent parfois leurs Mémoires. Lui, on le voit plutôt, le moment venu, publier 365 Recettes pour ne pas s’ennuyer à l’Elysée.

Bientôt le Président se peindra en noir afin de mieux comprendre la ségrégation. Il est comme un sportif qui invente de nouvelles figures, par exemple le triple salto diplomatique (Betancourt- Kadhafi-Bruni). A défaut d’un président modèle, il est un top président. Il mérite l’oscar du président d’or 2007, le Golden President. Avec lui, le poste a l’efficacité d’un grand magasin, il se passe toujours quelque chose à l’Elysée. C’est les Feux de l’amour à la présidence, sauf que c’est en live et que ça va plus vite qu’une sitcom. A ce rythme-là, dans un mois le Président fait son coming out, et en 2009 il change de sexe. Espérons que tout ça ne se termine pas par Prison Break, ou qu’après l’éventuelle opération ça ne tourne pas à Desperate Housewives. On a l’impression que ce que Jack Bauer fait en 24 heures chrono, Sarkozy n’a besoin que de dix minutes pour le réaliser.

Champion du monde de la France, le Président. Il la représente vraiment : Nicolas Sarkozy, tu l’aimes ou tu le quittes. Il porte haut nos couleurs. Le premier poulet de France est devenu le coq français. Chez nous, on fait pas les trucs en douce dans le bureau ovale avec un cigare. Quand on y va, on y va. Il habite en France, et la France c’est un pays où il n’y a pas que soixante millions de fromages. On dirait un prodige technologique, un président bionique. Le président bionique qui ? Nicolas Sarkozy a eu la délicatesse de régler le sien avant de s’attaquer aux formalités du divorce. D’ailleurs, il n’a pas l’air de l’avoir perdue, sa séparation à l’amiable. Plus que devant notaire, il aurait pu la régler devant des agents secrets tellement elle a l’air de se passer bien. L’époque a changé, fini les rois fainéants. Le moment va venir où, pour compliquer les choses, il va essayer d’être président mais sans les mains, ou les doigts dans le nez, ou une plume ici ou là. Qu’il se méfie. Si on se croit aussi inutiles que le Premier ministre, si on a la sensation de s’être fait filloniser jusqu’au trognon, ça pourrait mal tourner. On comprend qu’il énerve. Il est président, il a les plus belles filles à ses bras. «J’en ai rêvé, Sarkozy l’a fait.» On devrait au moins lui interdire de jouer au loto.


Royal avec les ouvriers de Charles Jourdan pendant que "le président s'amuse"

Par Christine POUGET

Yahoo Actualités AFP - Jeudi 20 décembre

Ségolène Royal (c) discute avec des salariés ... Copyright © 2007 AFP

ROMANS-SUR-ISERE (AFP) - "Je suis ici en solidarité. Restez debout!": Ségolène Royal, dans l'escalier de l'usine Charles Jourdan à Romans-sur-Isère, dit son "admiration" et sa "colère" devant les salariés dont l'entreprise a été mise en liquidation judiciaire.

Entourée de micros et caméras en nombre, l'ancienne candidate à l'élection présidentielle, chemise en daim et pantalon noir, arpente les salles, les chaînes de montage vides et rencontre pendant une heure et demie les ouvriers de cette entreprise, fleuron de Romans, "capitale de la chaussure de luxe".

Au milieu des escarpins de cuir ou de daim raffinés, de bottes somptueuses en lézard, les ouvrières ne cachent pas leur émotion. Des femmes ont la larme à l'oeil, évoquant leurs 35, 38 ou 40 ans d'entreprise.

Certains salariés affichent des visages maussades : "elle aurait dû venir avant...On est liquidés, on est morts..."

Interpellée, Ségolène Royal s'arrête, discute. Ici, elle se renseigne sur le nombre d'années de présence dans l'entreprise. "40 ans?", s'étonne-t-elle. "C'est vous la doyenne? Quand êtes-vous entrée?" "A 16 ans et demi", répond l'employée, les yeux embués, en anorak rouge.

Une ouvrière rousse, au verbe haut, dénonce les financiers qui ont mis à mal l'entreprise et ne veulent que "du profit, du profit".

Une autre parle, mais ne finit pas sa phrase, trop émue. Ségolène s'approche et l'embrasse.

Tous se relaient pour dire le "savoir-faire", "l'élégance", le "travail d'orfèvre", l'esprit de famille" de cette entreprise fondée en 1921, qui a chaussé Rita Hayworth, Grace Kelly, Mistinguett et même "le pape".

Tous se relaient pour raconter leur histoire: Charles Jourdan a été mis en liquidation judiciaire lundi entraînant le licenciement de ses 197 salariés après le retrait de l'Américain Omniscent, qui restait seul en lice pour la reprise après le départ de Repetto. Le chausseur avait été placé en redressement judiciaire le 12 septembre pour la troisième fois depuis 2003...

La présidente de Poitou-Charentes circule parmi les embauchoirs, les chaînes et compatit: "Je trouve atroce, abominable ces licenciements avant Noël". Les femmes opinent.

Une ouvrière parle d'"appel au secours", une déléguée du personnel lui dit: "nous lançons le dernier cri d'appel pour qu'un industriel sérieux nous reprenne".

Dans le petit musée du premier étage où sont conservés les précieux modèles, elle "lance un appel aux industriels sérieux". C'est un "outil de travail qui ne doit pas mourir".

Ségolène Royal est venue, car elle a vu la "détresse" des salariés. Se disant "femme politique" avec "un peu de pouvoir médiatique", elle s'est mise "au service d'une cause" qu'elle croit "être très bonne". "S'il y a un petit espoir de faire bouger les choses, il faut y aller", lance-t-elle, elle qui n'a apporté que sa "modeste présence".

Et elle évoque une prochaine rencontre des salariés le 3 janvier avec Hervé Novelli, secrétaire d'Etat aux Entreprises et au Commerce extérieur. "Preuve que ça a bougé", selon elle.

A la fin de la visite, un délégué lui offre "au nom du CE" deux paires d'escarpins, rouge et noire.

A l'extérieur de l'usine, avant de repartir pour Paris, elle lance: "En voilà assez de cette cruauté sociale, de ces entreprises qui ferment et délocalisent", avant de lâcher le vrai message de cette visite: "le Président s'amuse et la France souffre".


Ségolène Royal demande au gouvernement "une loi contre les abus des banques"

Yahoo Actualités AFP - Vendredi 21 décembre

Ségolène Royal, le 9 novembre 2007 à Paris ... Copyright © 2007 AFP

POITIERS (AFP) - Ségolène Royal (PS) a réclamé vendredi à Nicolas Sarkozy "une loi très efficace pour mettre fin au surendettement" et "aux abus des banques".

"Je réclame à Nicolas Sarkozy, une loi très efficace contre le surendettement, contre les tarifications bancaires. On voit des familles qui vivaient normalement basculer dans la précarité", a déclaré Mme Royal à la presse, avant un déjeuner en compagnie de personnes défavorisées à Poitiers.

Pour l'ex-candidate PS à la présidentielle, "la priorité des priorités, c'est légiférer pour mettre fins aux abus des banques".

"Je demande au gouvernement qu'il se bouge, qu'il se bouge pour mettre fin au surendettement et aux abus bancaires", a insisté Ségolène Royal. "Je demande urgemment de réformer l'indice des prix pour bien calculer la vie chère".

Selon la présidente de la région Poitou-Charentes, les familles les plus pauvres sont celles qui ont "basculé dans le surendettement" à cause "des abus de crédit, du coût des tarifs bancaires, de la vie trop chère".

"Il serait temps que le président de la République prenne en charge nos problèmes et parmi nos problèmes dans notre pays, la question de la précarité est insupportable", a conclu Mme Royal.


"Il n y a pas d'affrontement Royal-Delanoë", selon le maire de Paris

YahooActualités - AFP - Lundi 17 décembre

Le maire PS de Paris Bertrand Delanoë g) ... Copyright © 2007 AFP

PARIS (AFP) - Le maire PS de Paris, Bertrand Delanoë, a assuré lundi en marge du conseil de Paris qu'"il n y a pas d'affrontement Ségolène Royal-Bertrand Delanoë" pour la conquête du PS et qu'il "n'est candidat à rien" hormis à sa propre succession à la mairie de Paris.

"Je n'ai aucun adversaire au PS", "je ne me détermine pas contre des personnes", a-t-il dit devant la presse, soulignant qu'il n'avait "pas de courant" au sein du parti.

"Je ne suis préoccupé que par l'échéance parisienne. Quand j'ai des convictions, je les exprime (...) Je n'ai pas besoin aujourd'hui 17 décembre d'avoir le moindre projet autre que parisien", a-t-il réaffirmé, estimant que l'élection à Paris est "très ouverte".

"Après les municipales, je m'exprimerai pour ce que je crois souhaitable pour mon parti. Je crois que le prochain congrès PS doit être d'orientation politique, de créativité politique" et permette de retrouver un "état d'esprit collectif". "Si la question de leadership remplace le débat sur le fond, c'est une faute", a-t-il dit.

A Paris, "on ne peut pas dire c'est gagné d'avance, c'est perdu d'avance. Ce sera très disputé, mais je n'ai pas peur", a-t-il dit, rendant notamment hommage à la maire PS sortante du XIIe, Michèle Blumenthal, "une des maires d'arrondissement dont je suis le plus fier".

"Je me suis un peu mêlé des candidatures" à Paris, a-t-il expliqué, indiquant s'être "opposé" à une liste socialiste menée par Frédérique Calandra dans le XXe où Hamou Bouakkaz, son conseiller pour le handicap, n'aurait pas figuré. Depuis dimanche, il y figure.

"On va avoir des listes magnifiques de jeunesse, de renouvellement, de diversité", a dit le maire, qui a reconnu "quelques frictions entre amis de Ségolène et de Dominique Strauss-Kahn" à Paris.

Pour lui, la campagne municipale "va durer deux mois, ça va être très court" et la reprise c'est "le 7 janvier", après les voeux. Il sera alors "installé principalement" à son QG de campagne dans le IIIe, tout en continuant à travailler par demi-journées à l'Hôtel de Ville. Il ira soutenir les candidats socialistes à Toulouse, Strasbourg et probablement Rodez.

Un dernier conseil de Paris pour cette mandature aura lieu début février.


La direction du PS s'efforce de promouvoir des candidats issus de la diversité aux municipales

LE MONDE - 17.12.07

Ils avaient envisagé de se faire entendre en troublant le bel ordonnancement de la convention consacrée aux élections municipales que le Parti socialiste réunissait, samedi 15 décembre à Paris, à la Cité des sciences et de l'industrie de La Villette. Les représentants de la "diversité" ont finalement laissé leurs cornes de brume au vestiaire et renoncé à déployer la tente de Bédouin que, par provocation, certains envisageaient d'installer sur place... Au contraire, ils n'ont pas ménagé leurs applaudissements après avoir obtenu un arbitrage favorable sur deux cas emblématiques des obstacles que les structures intermédiaires dressent parfois face aux candidats issus de l'immigration.

Zorah Aït-Maten, désignée en juin par les militants pour porter les couleurs du PS aux élections législatives dans le Rhône, mais qui avait dû s'effacer au profit d'un radical de gauche, figurera en position éligible sur la liste présentée dans le septième arrondissement de Lyon. Jusqu'alors, le maire sortant, Gérard Collomb, ne lui concédait qu'une lointaine dixième place.

"LÉGITIMITÉ DES URNES"

Par ailleurs, l'ordre a été intimé à la fédération du Pas-de-Calais de respecter le vote des adhérents en faveur de Bagdad Ghezal pour conduire la liste de gauche à Etaples-sur-mer, où le maire PS ne se représente pas. A M. Ghezal, les instances fédérales préféraient Antoine de Rocquigny, un énarque pratiquement inconnu des socialistes locaux. "La situation n'est pas idyllique mais on peut désormais considérer que la question de la diversité est prise en compte comme une priorité par le PS", se réjouit Fayçal Douhane, membre du Conseil national, qui a coordonné l'opération de lobbying en faveur des candidats issus de l'immigration.

"La diversité, pour Nicolas Sarkozy, c'est le fait du prince ; pour les socialistes, elle procède de la légitimité des urnes", affirme Bariza Khiari, sénatrice PS de Paris qui, toutefois, entend "rester vigilante". Il ne faudrait pas, insiste-t-elle, que les efforts consentis au premier tour soient effacés au second tour et que les élus d'origine étrangère soient "ghettoïsés dans des fonctions qui les concernent directement".

"Nous avons fait des progrès, obtenu des résultats tout à fait honorables, (...) mais je ne m'en satisfais pas", a déclaré lors de la convention François Hollande, qui admet que "le parti est travaillé par certains préjugés, réticences, frilosités". Au total, les listes socialistes seront conduites par un candidat ou une candidate issu de l'immigration dans "une bonne vingtaine" de villes de plus de 20 000 habitants, sur un total d'un peu plus de 400. Il s'agit notamment d'Evreux, Orly, Vaulx-en-Velin, Vernon, Garges-lès-Gonesse, Cannes ou Thiais, ainsi que du premier arrondissement de Paris et du 14e arrondissement de Marseille. Par ailleurs, la commission électorale du PS a précisé que des femmes conduiront des listes dans "plus d'une centaine" de villes, ce qui devrait permettre de "plus que doubler" le nombre de femmes socialistes (14 actuellement) qui dirigent des municipalités de plus de 20 000 habitants.

Les élections municipales de mars 2008, a lancé François Hollande, devront "démontrer que le PS est le premier parti de France". Le premier secrétaire a précisé que "seulement" sept primaires sont prévues avec le PCF (à Aubervilliers, La Courneuve, Bagnolet, Pierrefitte, Vitry-sur-Seine, Denain et Vaulx-en-Velin). Enfin, M. Hollande a rappelé à toutes fins utiles les conditions posées à ceux qui, venus du MoDem comme de Lutte ouvrière, souhaiteraient se joindre aux listes du PS : s'opposer à la politique du gouvernement, s'engager à respecter la solidarité municipale et accepter les alliés du PS.  Jean-Michel Normand


Présidentielle : le candidat PS connu "fin 2010"

NOUVELOBS.COM - 13.12.2007

François Hollande indique que "la désignation viendra fin 2010 ou début 2011" et annonce que le prochain congrès du parti aura lieu "avant ou après l'été" 2008.

Le premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande (c) Reuters

 

Le premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande (c) Reuters

 

François Hollande annonce, dans Le Monde daté de vendredi 14 décembre, que le candidat PS à la prochaine présidentielle de 2012 sera désigné par le parti "fin 2010 ou début 2011". "Quant à la désignation de notre candidat(e), elle viendra fin 2010 ou début 2011", indique le premier secrétaire, précisant que "le premier secrétaire de 2008 peut être ou ne pas être un présidentiable; il n'y a aucun interdit ni aucune automaticité".
François Hollande, qui quittera son poste lors du prochain congrès, ne fournit pas de date précise, annonçant simplement qu'il aura lieu "avant ou après l'été" 2008. Sa date exacte sera fixée "collectivement" après les élections municipales de mars.

Rivalité Royal/Delanoë

Ce rendez-vous "aura une double vocation: d'une part, la rénovation de notre mode de vie interne comme de la relation avec nos électeurs; d'autre part, et c'est l'essentiel, notre orientation, sans oublier le débat sur la structuration même de la gauche", poursuit-il.
Concernant une éventuelle confrontation entre Bertrand Delanoë et Ségolène Royal, François Hollande répond : "ce que je redouterais, c'est un congrès de confusion où les choix ne se feraient pas clairement, ni sur le fond ni sur la direction". Le maire de Paris et la dernière candidate socialiste à l'élection présidentielle sont actuellement les personnalités les plus en vue du parti auxquelles sont prêtées des ambitions présidentielles. Ségolène Royal avait été désignée candidate officielle du PS après une primaire interne des militants, un mode de désignation qui avait été critiqué, de même que la proximité du choix avec l'élection.


Ségolène Royal et le rôle du PS dans la course à l'Elysée

Lundi 10 décembre - Reuters - YahooActualités

PARIS (Reuters) - Bien lire dans notre dépêche transmise dimanche 9 décembre une correction au 2e paragraphe, à savoir omettre entre parenthèses. Une version corrigée et actualisée suit.

Ségolène Royal est restée vague dimanche sur le rôle qu'un parti politique, en l'occurrence le PS, joue pour gagner l'élection présidentielle en France.

Interrogée sur le point de savoir si on pouvait gagner une élection présidentielle "sans avoir le parti derrière soi", l'ex-candidate socialiste à l'Elysée n'a pas répondu directement et a déclaré, sur Canal+ :

"Je pense, et l'expérience vient de le montrer, qu'il faut une très grande cohérence entre l'organisation politique, c'est aussi un travail de longue haleine (...), beaucoup de modestie, d'humilité".

"C'est comme cela que je compte m'engager", a souligné Ségolène Royal, qui n'en a pas dit plus sur ses intentions dans les prochains mois, notamment sur la question de savoir si elle briguera la succession de François Hollande à la tête du PS.

"Je m'inscris à la fois dans le Parti socialiste et aussi en dehors du Parti socialiste", a-t-elle simplement ajouté. Gilles Trequesser 


 Ouverture, premier bilan de l’acte I

 samedi 8 décembre 2007 - REUTERS Libération.fr

Par LAURE EQUY, MARC SEMO, TONINO SERAFINI et PAUL QUINIO

«Claude Allègre? Pourquoi pas. Il est populaire dans notre électorat. Jack Lang? Pas question.» Ce commentaire d’un ténor de l’UMP entendu cette semaine, s’il ne signifie en rien que le chef de l’Etat réfléchit actuellement à un remaniement de son gouvernement, dont tout le monde pronostique qu’il pourrait avoir lieu après les municipales, indique néanmoins une chose: le chef de l’Etat maintient en permanence le fer de l’ouverture au feu. Une manière de mettre et ses ministres et ses adversaires socialistes sous pression, en laissant planer la menace d’une seconde phase d’ouverture. Mais au fait, l’ouverture première version, ça donne quoi?

Bernard Kouchner La star chouchoutée

Le plus célèbre des «french doctors» reste l’incontestable star de l’ouverture. Et la plus chouchoutée. Pendant les voyages officiels, Nicolas Sarkozy aime à mettre en avant «Bernard», avec force accolades et gestes affectueux. Et il n’hésite pas comme à New York, en marge de l’assemblée générale de l’ONU, à faire son jogging devant les caméras avec lui. Se montrer avec celui qui fut le hérault du «droit d’ingérence» reste aussi une manière de rappeler le message présidentiel initial - depuis brouillé - d’une diplomatie française qui se voulait plus engagée sur le terrain de la promotion de la démocratie et des droits de l’homme.

Bernard Kouchner en outre a bien tenu le contrat, allant à Bagdad pour rappeler que la France, partie prenante dans la reconstruction de l’Irak avec l’ONU, a fermé la parenthèse antiaméricaine ouverte par Jacques Chirac. Il a été au Liban pour tenter maladroitement de concilier l’inconciliable, afin d’aider à l’élection d’un président. Sur place, il a appris qu’à son insu, Sarkozy avait envoyé ses deux plus proches conseillers - Claude Guéant et Jean-David Levitte - à Damas, qui détient les clés du jeu libanais. Autre couleuvre: après la libération des infirmières bulgares, il fut envoyé devant le Parlement pour expliquer qu’il n’y avait eu aucun accord d’armement en contrepartie. Avant d’être désavoué le soir même. «Un chef de la diplomatie doit savoir avaler son chapeau», a-t-il ensuite reconnu.

Si les diplomates de métier restent réservés sur l’enthousiasme parfois brouillon du fondateur de MSF, celui-ci, de l’avis de nombreux observateurs, se tire plutôt bien de sa mission. Même si son sens de la formule a parfois créé des tempêtes diplomatiques, comme quand il évoqua en septembre la nécessité pour le monde «de se préparer au pire, c’est-à-dire la guerre avec l’Iran». C’était un constat pour éveiller les consciences. Ces propos d’ailleurs étaient tout à fait dans la logique de ce qu’avait déclaré un mois plus tôt le Président à la conférence des ambassadeurs : «Il faut échapper à l’alternative catastrophique : la bombe iranienne ou le bombardement de l’Iran.»

Jean-Pierre Jouyet La clé de l’Europe

Discret, efficace et parfaitement au fait de ses dossiers, le secrétaire d’Etat aux Affaires européennes s’est sans surprise révélé être l’un des grands atouts du chef de l’Etat qui voulait «remettre la France en Europe» après le non de 2005 à la Constitution européenne. Ce grand commis de l’Etat, longtemps proche du couple Hollande-Royal a eu un rôle clé dans les négociations sur le «traité simplifié». Cet ancien bras droit de Delors à la Commission européenne est aussi un homme de conviction qui n’avait pas hésité à proposer un abandon du référendum préalable à une future adhésion de la Turquie. Notoirement hostile à l’entrée d’Ankara, Nicolas Sarkozy avait peu apprécié mais a dit respecter la position du s

Par christine - Publié dans : DERNIERES MINUTES D'A.L.
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Samedi 24 mars 2007 6 24 /03 /2007 15:48

 

"Le socialisme français doit être
dépoussiéré et actualisé
"

 

A l'aube du premier tour,
Ségolène Royal publie "Mai
ntenant"

 

AP - 24/03/2007

A moins d'un mois du premier tour, Ségolène Royal publie ce mardi un livre intitulé "Maintenant", dont l'Associated Press a obtenu copie, où elle se livre un peu, s'explique longuement sur son engagement à gauche et les valeurs qui la guident, et prépare déjà la "rénovation idéologique" du PS. Pas tendre avec François Bayrou qu'elle accuse de "se moquer" des Français, elle fait de Nicolas Sarkozy sa principale cible et dénonce sans ménagement sa "boulimie" de pouvoir.

Plusieurs fois repoussé, ce livre d'entretiens avec l'éditorialiste de "Elle" Marie-Françoise Colombani se présente sous la forme d'un abécédaire en 335 pages et 190 mots-clés, de "abandonner" à "zen". Son titre, "Maintenant" (éd. Hachette Littératures-Flammarion), n'est pas sans rappeler l'ouvrage "Ici et Maintenant" que François Mitterrand avait rédigé en 1980, juste avant d'entrer à l'Elysée.

"J'aime la France", écrit-elle, lyrique. "J'aime son histoire pleine de bruit et de fureur, mais aussi de douceur, de moments radieux, j'aime sa langue, j'aime ses paysages. La France, pour moi, ce n'est pas que l'Hexagone, ce sont aussi ses outre-mers, c'est la Martinique où j'ai vécu enfant, où j'ai travaillé jeune fille, où je suis retournée".

Souvent accusée de flotter idéologiquement ou de flirter avec la droite, elle revendique son ancrage à gauche: "Je suis née dans un milieu de droite", mais "je ne partage pas ce pessimisme social, ce respect du désordre établi, cette vénération pour le libéralisme économique et la loi du plus fort". "C'est à gauche que j'ai trouvé ce désir d'émancipation et de fraternité".

Ségolène Royal dénonce par conséquent "l'illusion d'un dépassement du clivage entre la droite et la gauche" dans une flèche à son rival UDF François Bayrou. "Prétendre brouiller les frontières, c'est se moquer (des Français). Ou avoir des appétits de carrière personnelle qu'on espère mieux satisfaire en changeant de camp", accuse-t-elle. Mais c'est Nicolas Sarkozy qui apparaît comme son premier adversaire. Elle juge "scandaleux" qu'il soit resté "aussi longtemps" ministre et candidat, et pointe son "échec" place Beauvau. Elle fustige aussi une "boulimie" et une "volonté de tout contrôler inquiétantes pour la France".

"Prisonnière d'aucun dogme", elle prend toutefois soin de ne pas insulter l'avenir en affichant sa volonté de "rassembler largement" dans l'élection présidentielle, "au-delà des étiquettes".

Dans la dernière ligne droite, celle qui affirme ne pas penser depuis longtemps à l'Elysée refuse d'envisager l'échec. "La consigne que je me donne, c'est d'être présente au deuxième tour et de gagner!" Zen, Ségolène Royal? "La pression que j'ai subie au cours des primaires" au PS "a été une rude école", confie-t-elle, "le stress est derrière moi". Elue, elle formerait une "équipe resserrée" et "solidaire" et juge qu'une "quinzaine" de ministres serait "une bonne hypothèse de travail".

Déjà, elle imagine l'avenir du PS et plaide pour "une actualisation du logiciel socialiste" pour aller vers un "socialisme du XXIe siècle" aux contours encore flous. Dressant en creux le bilan de son compagnon François Hollande aux commandes du PS, elle regrette une "glaciation" et une "tendance à s'enliser dans la répétition mécanique". "Le socialisme français doit être dépoussiéré et actualisé". "Je crois être en mesure de réussir cette évolution nécessaire et profonde", affirme-t-elle.

De la rubrique "ANPE" à "désarmement", la candidate balaie les grands dossiers et précise parfois ses intentions. Au volet fiscalité, elle se dit ainsi "favorable" au prélèvement à la source grâce à la "reconstruction d'un impôt citoyen" qui fusionnerait l'impôt sur le revenu et la CSG. Elle estime que l'assiette et le taux de l'ISF "peuvent être modifiés", en fonction du marché immobilier par exemple. Elle demande la "suppression" des "parachutes dorés". Au volet numérique, elle évoque aussi des aides à l'achat d'un ordinateur "sous condition de ressources", pour que chaque Français ait son adresse électronique.

 


 

Tollé après la garde à vue d'une directrice d'école

"Les enseignants ne sont pas des auxiliaires de police"

 

"Ce n'est pas la France que nous voulons"

 

(Ségolène Royal - 24/03/2007)

 

Nicolas Sarkozy est la cible de critiques tous azimuts après la garde à vue pendant sept heures, vendredi à Paris, d'une directrice d'école accusée d'être intervenue contre l'arrestation d'un étranger sans papiers.

 

Outre des représentants du monde enseignant et associatif, tous les candidats de gauche à la présidentielle ont dénoncé une escalade dans la répression, à trois jours du départ du candidat UMP du ministère de l'Intérieur.

 

"Il n'y a vraiment pas de quoi faire une polémique", a répliqué Nicolas Sarkozy en déplacement aux Antilles.

 

Mais en annonçant avoir écrit aux préfets pour leur rappeler des consignes précisant que l'exécution des mesures d'éloignement d'étrangers ne devaient pas se faire "dans l'enceinte ou à proximité immédiate" d'établissements scolaires, le ministre de l'Intérieur a donné l'impression de se démarquer du préfet de police de Paris.

 

Vendredi, la directrice d'une école maternelle du XIXe arrondissement de Paris a subi près de sept heures de garde à vue après des incidents survenus mardi à proximité de l'établissement, lors de l'interpellation d'un parent d'élève sans papiers.

 

Les policiers auraient fait usage de gaz lacrymogène pour disperser les manifestants, qui intervenaient en faveur de ces étrangers.

 

Selon le parquet, une voiture de police a été endommagée et un policier s'est vu prescrire dix jours d'incapacité totale de travail. Il assure que les policiers ont identifié la directrice comme la responsable des dégradations sur la voiture.

 

"PAS LA FRANCE QUE NOUS VOULONS"

 

Sur RTL, le directeur de la police urbaine de proximité à Paris, a assuré que l'opération qui a conduit à l'arrestation d'un homme d'origine chinoise, au départ de l'affaire, ne visait pas spécifiquement des étrangers mais avait pour objet de contrôler des débits de boissons.

 

"Ce n'était pas une opération de contrôle d'identité d'étrangers en situation irrégulière. Il ne s'agit pas de harcèlement contre des étrangers (...) Ce sont des opérations de sécurisation destinées à apporter un peu plus de sécurité à nos concitoyens", a-t-il affirmé.

 

Lors de ce contrôle, les neuf policiers présents ont interpellé le grand-père chinois d'un élève de l'école maternelle, provoquant de vives réactions d'enseignants et de parents d'élèves.

 

"Les enseignants ne sont pas des auxiliaires de police", s'est indignée la candidate socialiste Ségolène Royal vendredi soir lors d'un meeting à Nice. "Ce n'est pas ça la France que nous voulons. Ce n'est pas comme ça qu'on défend l'identité nationale, bien au contraire."

 

François Bayrou, candidat de l'UDF, a également estimé que, dans cette affaire "on a franchi des limites." A la "gauche de la gauche", Marie-George Buffet (PCF), Dominique Voynet (Verts), l'altermondialiste José Bové et Olivier Besancenot (LCR) s'en sont tous pris à Nicolas Sarkozy.

 

"Jamais on n'avait atteint un tel niveau", s'est indigné pour sa part Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU, le principal syndicat enseignant.

 

L'Unsa Education a également dénoncé les "tentatives d'intimidation à l'encontre des enseignants qui protègent les élèves sans papiers" et SOS-Racisme demande que cessent "ces harcèlements policiers" qui "ressemblent beaucoup à un signe électoral."

 


 

La gauche, unanime, et les syndicats protestent

 


De vives protestations ont suivi l'arrestation de Valérie Boukobza.  «Cette arrestation est révoltante. On peut se demander jusqu'où ira la violence et l'absurdité de la politique ultra-répressive menée par le gouvernement? Cette directrice d'école n'a fait que son devoir en empêchant une arrestation injuste. (...). Ces pratiques rappellent les heures les plus sombres de notre histoire et elles doivent cesser», a regretté Marie-George Buffet.

«Je suis profondément indignée par la rafle organisée par la police dans le 19e arrondissement de Paris devant l'école maternelle Rampal. (...) Je joins ma protestation à celle de tous ceux qui ont exprimé leur révolte contre cette action de la police qui n'hésite pas à utiliser les écoles comme une véritable souricière pour faire la traque aux enfants et à leur famille. Et je réclame la libération immédiate des personnes arrêtées dans cette affaire et l'arrêt de toutes les poursuites» a demandé Arlette Laguiller.

Syndicalistes indignés
Le Syndicat de la magistrature (SM, gauche) a dénoncé vendredi «une tentative d'intimidation intolérable» qui «relève à l'évidence d'une tentative d'intimidation intolérable à l'égard d'une enseignante qui, d'après plusieurs témoins, n'a fait que tenter de protéger ses élèves». Selon le syndicat, ces évènements «révèlent une volonté politique manifeste d'accélérer et de durcir la chasse aux sans-papiers et de disqualifier et réprimer tous les citoyens qui s'y opposent pacifiquement».

«Je suis réellement choqué, jamais on n'avait atteint un tel niveau. Déjà du gaz lacrymogène à l'entrée d'une école mais en plus une tentative d'intimidation manifeste !», s'est exclamé Gérard Aschieri, en marge du congrès de l'Unef, principal syndicat étudiant, à Lille. «Le ministre de l'Intérieur doit dire les choses : on ne peut pas être candidat et dire qu'on respecte les enseignants et être ministre de l'Intérieur et couvrir ce type de chose», a-t-il ajouté.

Le secrétaire général du SNUipp-FSU, principal syndicat du primaire, Gilles Moindrot et Faride Hamana, président de la FCPE, principale fédération de parents d'élèves, se sont déclarés indignés par cette arrestation.

«C'est absolument scandaleux, cela nourrit ce climat sécuritaire de délation répressive qui devient insupportable» a pour sa part dénoncé Bruno Julliard, le président de l?Unef, principal syndicat étudiant, lors de son congrès à Lille.

(20Minutes.fr, éditions du 23/03/2007 - 14h06)

 


 

23/03/2007

 

Une directrice d'école maternelle a été interpellée et placée en garde à vue vendredi après des incidents violents entre parents d'élève et policiers à propos d'enfants sans papiers en début de semaine.

 


 

 

"Construire une France fière d'elle-même"  

 

 

Ségolène Royal a continué, vendredi 23 mars, à creuser le clivage gauche-droite et oppose son projet d'une "France neuve" à la société "repliée sur elle-même" dont Nicolas Sarkozy serait le héraut. A Aix-en-Provence, la candidate socialiste à l'élection présidentielle a réservé ses flèches au seul candidat de l'UMP, nommément cité.

A un mois du premier tour, la candidate socialiste s'est présentée comme une "femme libre, ancrée dans [ses] convictions de gauche mais ouverte sur le socialisme du réel". Mais à l'heure où le candidat centriste séduit une frange social-libérale du PS, Ségolène Royal a insisté sur son intention "de rassembler bien au-delà des partis politiques".

 

Les Français, "on les divise, on les dresse les uns contre les autres. (...) Je ne veux plus d'une France repliée sur elle-même qui a peur des autres et qui s'enfonce dans le communautarisme, l'individualisme, et les discriminations", a insisté Ségolène Royal devant plusieurs centaines de personnes. "Je vous propose de construire une France fière d'elle-même, qui se relève, une France neuve, bien au clair sur ses valeurs, (...) appuyée sur des solidarités solides."

 

Dans la matinée, la candidate du PS a visité le camp des Milles, près d'Aix-en-Provence, où transitèrent 10 000 personnes sous Vichy, dont 2 500 furent déportées vers Drancy et Auschwitz. Devant l'ancienne usine de briques, "étape d'ombre" de l'histoire de France, elle a de nouveau fait allusion à l'identité nationale, dont elle n'entend pas laisser le monopole à son adversaire de droite.

 

Entourée des représentants de tous les cultes et du président du CRIF régional, elle a souligné l'importance des lieux de mémoire, indispensables pour "comprendre comment des Français ont pu déporter des Français mais aussi beaucoup d'étrangers (...) qui quittaient le fascisme de leur pays". "Je crois que cela fait réfléchir sur l'identité française. (...) C'est en ayant le courage de regarder notre histoire en face que nous pouvons continuer à forger notre identité nationale", a-t-elle déclaré dans la cour du grand bâtiment rose.


 

"Je veux vous parler avec gravité,
vous avez une responsabilité éminente"

(Marseille - 22 mars 2007)

A un mois "jour pour jour du jour où la France va choisir son destin (...), je voudrais d'abord vous dire que je ne veux pas que le 22 avril ressemble au 21 avril" 2002 (jour où Lionel Jospin a été éliminé dès le premier tour de la présidentielle), a déclaré la candidate socialiste, Ségolène Royal, jeudi soir 22 mars, lors d'un meeting à Marseille.

"C'est pourquoi cette dernière étape est si importante et c'est pourquoi ce soir, je veux vous parler avec gravité parce que vous avez une responsabilité éminente, (...) la responsabilité d'aller convaincre toutes celles et tous ceux qui ont de nouveau envie de croire en l'efficacité politique", a-t-elle souligné, devant plus de 8 000 personnes rassemblées au Dôme.

 

"Mettez-vous en mouvement pour construire une France juste, une France forte ! Mettez-vous en mouvement pour faire gagner la France, pour la relever ! Je suis sûre que nous gagnerons parce que les Français ne demandent que cela", a-t-elle lancé, avant de faire jouer la Marseillaise, "chant de toutes les libertés, chant de tous les républicains".

 

A 31 jours du premier tour, "les Français sont face à des choix clairs, projet contre projet", a estimé Ségolène Royal, classant François Bayrou et Nicolas Sarkozy sous une seule et même dénomination, "les deux candidats de droite", et les renvoyant dans le camp des sortants.

 

"L'HEURE DE LA VERITE VA BIENTOT SONNER"

 

Elle a opposé la situation "que nous laisse la droite d'une France frileuse, repliée sur elle-même qui a peur de regarder le monde" à son "pacte présidentiel", porteur à ses yeux de la "défense de toutes les formes de solidarités, de toutes les formes de services publics et [de] l'invention de toutes les nouvelles formes de sécurité".

 

"L'heure de la vérité va bientôt sonner et la première de ces vérités, c'est que ceux qui ont laissé la France dans l'état où elle se trouve (...) ceux-là ne peuvent pas incarner la France neuve, ceux-là ne peuvent pas prétendre qu'ils feront la rupture", a-t-elle insisté.

 

Contrairement à son habitude, elle a cité sur scène le nom du candidat de l'UMP, déclenchant les sifflets de la salle avant qu'elle ne les arrête d'un geste de la main. "Non! Pas de ouh même si vous en avez envie !", a-t-elle intimé face à des milliers de petits panneaux "Ségolène présidente" rouge et violet. "Je m'abstiens de toute attaque personnelle. Je leur laisse cela. D'ailleurs, ils s'y emploient beaucoup l'un contre l'autre. Moi, je vous parle des idées et de la conception de la France", a-t-elle fait valoir.

 

Sur scène avant elle, l'ancien porte-parole des Verts, Stéphane Pocrain, a lancé un appel au rassemblement de toutes les forces de gauche. "Oui, j'ai des désaccords" avec la candidate socialiste, a-t-il reconnu, "mais ces désaccords ne vaudront rien demain face à la victoire de Nicolas Sarkozy Sarkozy ou de François Bayrou". "Si on veut qu'il y ait une gauche tout court qui existe (...) je ne connais pas d'autre méthode que le rassemblement".

 

Par christian - Publié dans : DERNIERES MINUTES D'A.L.
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Samedi 24 mars 2007 6 24 /03 /2007 15:48

 

"Le socialisme français doit être
dépoussiéré et actualisé
"

 

A l'aube du premier tour,
Ségolène Royal publie "Mai
ntenant"

 

AP - 24/03/2007

A moins d'un mois du premier tour, Ségolène Royal publie ce mardi un livre intitulé "Maintenant", dont l'Associated Press a obtenu copie, où elle se livre un peu, s'explique longuement sur son engagement à gauche et les valeurs qui la guident, et prépare déjà la "rénovation idéologique" du PS. Pas tendre avec François Bayrou qu'elle accuse de "se moquer" des Français, elle fait de Nicolas Sarkozy sa principale cible et dénonce sans ménagement sa "boulimie" de pouvoir.

Plusieurs fois repoussé, ce livre d'entretiens avec l'éditorialiste de "Elle" Marie-Françoise Colombani se présente sous la forme d'un abécédaire en 335 pages et 190 mots-clés, de "abandonner" à "zen". Son titre, "Maintenant" (éd. Hachette Littératures-Flammarion), n'est pas sans rappeler l'ouvrage "Ici et Maintenant" que François Mitterrand avait rédigé en 1980, juste avant d'entrer à l'Elysée.

"J'aime la France", écrit-elle, lyrique. "J'aime son histoire pleine de bruit et de fureur, mais aussi de douceur, de moments radieux, j'aime sa langue, j'aime ses paysages. La France, pour moi, ce n'est pas que l'Hexagone, ce sont aussi ses outre-mers, c'est la Martinique où j'ai vécu enfant, où j'ai travaillé jeune fille, où je suis retournée".

Souvent accusée de flotter idéologiquement ou de flirter avec la droite, elle revendique son ancrage à gauche: "Je suis née dans un milieu de droite", mais "je ne partage pas ce pessimisme social, ce respect du désordre établi, cette vénération pour le libéralisme économique et la loi du plus fort". "C'est à gauche que j'ai trouvé ce désir d'émancipation et de fraternité".

Ségolène Royal dénonce par conséquent "l'illusion d'un dépassement du clivage entre la droite et la gauche" dans une flèche à son rival UDF François Bayrou. "Prétendre brouiller les frontières, c'est se moquer (des Français). Ou avoir des appétits de carrière personnelle qu'on espère mieux satisfaire en changeant de camp", accuse-t-elle. Mais c'est Nicolas Sarkozy qui apparaît comme son premier adversaire. Elle juge "scandaleux" qu'il soit resté "aussi longtemps" ministre et candidat, et pointe son "échec" place Beauvau. Elle fustige aussi une "boulimie" et une "volonté de tout contrôler inquiétantes pour la France".

"Prisonnière d'aucun dogme", elle prend toutefois soin de ne pas insulter l'avenir en affichant sa volonté de "rassembler largement" dans l'élection présidentielle, "au-delà des étiquettes".

Dans la dernière ligne droite, celle qui affirme ne pas penser depuis longtemps à l'Elysée refuse d'envisager l'échec. "La consigne que je me donne, c'est d'être présente au deuxième tour et de gagner!" Zen, Ségolène Royal? "La pression que j'ai subie au cours des primaires" au PS "a été une rude école", confie-t-elle, "le stress est derrière moi". Elue, elle formerait une "équipe resserrée" et "solidaire" et juge qu'une "quinzaine" de ministres serait "une bonne hypothèse de travail".

Déjà, elle imagine l'avenir du PS et plaide pour "une actualisation du logiciel socialiste" pour aller vers un "socialisme du XXIe siècle" aux contours encore flous. Dressant en creux le bilan de son compagnon François Hollande aux commandes du PS, elle regrette une "glaciation" et une "tendance à s'enliser dans la répétition mécanique". "Le socialisme français doit être dépoussiéré et actualisé". "Je crois être en mesure de réussir cette évolution nécessaire et profonde", affirme-t-elle.

De la rubrique "ANPE" à "désarmement", la candidate balaie les grands dossiers et précise parfois ses intentions. Au volet fiscalité, elle se dit ainsi "favorable" au prélèvement à la source grâce à la "reconstruction d'un impôt citoyen" qui fusionnerait l'impôt sur le revenu et la CSG. Elle estime que l'assiette et le taux de l'ISF "peuvent être modifiés", en fonction du marché immobilier par exemple. Elle demande la "suppression" des "parachutes dorés". Au volet numérique, elle évoque aussi des aides à l'achat d'un ordinateur "sous condition de ressources", pour que chaque Français ait son adresse électronique.

 


 

Tollé après la garde à vue d'une directrice d'école

"Les enseignants ne sont pas des auxiliaires de police"

 

"Ce n'est pas la France que nous voulons"

 

(Ségolène Royal - 24/03/2007)

 

Nicolas Sarkozy est la cible de critiques tous azimuts après la garde à vue pendant sept heures, vendredi à Paris, d'une directrice d'école accusée d'être intervenue contre l'arrestation d'un étranger sans papiers.

 

Outre des représentants du monde enseignant et associatif, tous les candidats de gauche à la présidentielle ont dénoncé une escalade dans la répression, à trois jours du départ du candidat UMP du ministère de l'Intérieur.

 

"Il n'y a vraiment pas de quoi faire une polémique", a répliqué Nicolas Sarkozy en déplacement aux Antilles.

 

Mais en annonçant avoir écrit aux préfets pour leur rappeler des consignes précisant que l'exécution des mesures d'éloignement d'étrangers ne devaient pas se faire "dans l'enceinte ou à proximité immédiate" d'établissements scolaires, le ministre de l'Intérieur a donné l'impression de se démarquer du préfet de police de Paris.

 

Vendredi, la directrice d'une école maternelle du XIXe arrondissement de Paris a subi près de sept heures de garde à vue après des incidents survenus mardi à proximité de l'établissement, lors de l'interpellation d'un parent d'élève sans papiers.

 

Les policiers auraient fait usage de gaz lacrymogène pour disperser les manifestants, qui intervenaient en faveur de ces étrangers.

 

Selon le parquet, une voiture de police a été endommagée et un policier s'est vu prescrire dix jours d'incapacité totale de travail. Il assure que les policiers ont identifié la directrice comme la responsable des dégradations sur la voiture.

 

"PAS LA FRANCE QUE NOUS VOULONS"

 

Sur RTL, le directeur de la police urbaine de proximité à Paris, a assuré que l'opération qui a conduit à l'arrestation d'un homme d'origine chinoise, au départ de l'affaire, ne visait pas spécifiquement des étrangers mais avait pour objet de contrôler des débits de boissons.

 

"Ce n'était pas une opération de contrôle d'identité d'étrangers en situation irrégulière. Il ne s'agit pas de harcèlement contre des étrangers (...) Ce sont des opérations de sécurisation destinées à apporter un peu plus de sécurité à nos concitoyens", a-t-il affirmé.

 

Lors de ce contrôle, les neuf policiers présents ont interpellé le grand-père chinois d'un élève de l'école maternelle, provoquant de vives réactions d'enseignants et de parents d'élèves.

 

"Les enseignants ne sont pas des auxiliaires de police", s'est indignée la candidate socialiste Ségolène Royal vendredi soir lors d'un meeting à Nice. "Ce n'est pas ça la France que nous voulons. Ce n'est pas comme ça qu'on défend l'identité nationale, bien au contraire."

 

François Bayrou, candidat de l'UDF, a également estimé que, dans cette affaire "on a franchi des limites." A la "gauche de la gauche", Marie-George Buffet (PCF), Dominique Voynet (Verts), l'altermondialiste José Bové et Olivier Besancenot (LCR) s'en sont tous pris à Nicolas Sarkozy.

 

"Jamais on n'avait atteint un tel niveau", s'est indigné pour sa part Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU, le principal syndicat enseignant.

 

L'Unsa Education a également dénoncé les "tentatives d'intimidation à l'encontre des enseignants qui protègent les élèves sans papiers" et SOS-Racisme demande que cessent "ces harcèlements policiers" qui "ressemblent beaucoup à un signe électoral."

 


 

La gauche, unanime, et les syndicats protestent

 


De vives protestations ont suivi l'arrestation de Valérie Boukobza.  «Cette arrestation est révoltante. On peut se demander jusqu'où ira la violence et l'absurdité de la politique ultra-répressive menée par le gouvernement? Cette directrice d'école n'a fait que son devoir en empêchant une arrestation injuste. (...). Ces pratiques rappellent les heures les plus sombres de notre histoire et elles doivent cesser», a regretté Marie-George Buffet.

«Je suis profondément indignée par la rafle organisée par la police dans le 19e arrondissement de Paris devant l'école maternelle Rampal. (...) Je joins ma protestation à celle de tous ceux qui ont exprimé leur révolte contre cette action de la police qui n'hésite pas à utiliser les écoles comme une véritable souricière pour faire la traque aux enfants et à leur famille. Et je réclame la libération immédiate des personnes arrêtées dans cette affaire et l'arrêt de toutes les poursuites» a demandé Arlette Laguiller.

Syndicalistes indignés
Le Syndicat de la magistrature (SM, gauche) a dénoncé vendredi «une tentative d'intimidation intolérable» qui «relève à l'évidence d'une tentative d'intimidation intolérable à l'égard d'une enseignante qui, d'après plusieurs témoins, n'a fait que tenter de protéger ses élèves». Selon le syndicat, ces évènements «révèlent une volonté politique manifeste d'accélérer et de durcir la chasse aux sans-papiers et de disqualifier et réprimer tous les citoyens qui s'y opposent pacifiquement».

«Je suis réellement choqué, jamais on n'avait atteint un tel niveau. Déjà du gaz lacrymogène à l'entrée d'une école mais en plus une tentative d'intimidation manifeste !», s'est exclamé Gérard Aschieri, en marge du congrès de l'Unef, principal syndicat étudiant, à Lille. «Le ministre de l'Intérieur doit dire les choses : on ne peut pas être candidat et dire qu'on respecte les enseignants et être ministre de l'Intérieur et couvrir ce type de chose», a-t-il ajouté.

Le secrétaire général du SNUipp-FSU, principal syndicat du primaire, Gilles Moindrot et Faride Hamana, président de la FCPE, principale fédération de parents d'élèves, se sont déclarés indignés par cette arrestation.

«C'est absolument scandaleux, cela nourrit ce climat sécuritaire de délation répressive qui devient insupportable» a pour sa part dénoncé Bruno Julliard, le président de l?Unef, principal syndicat étudiant, lors de son congrès à Lille.

(20Minutes.fr, éditions du 23/03/2007 - 14h06)

 


 

23/03/2007

 

Une directrice d'école maternelle a été interpellée et placée en garde à vue vendredi après des incidents violents entre parents d'élève et policiers à propos d'enfants sans papiers en début de semaine.

 


 

 

"Construire une France fière d'elle-même"  

 

 

Ségolène Royal a continué, vendredi 23 mars, à creuser le clivage gauche-droite et oppose son projet d'une "France neuve" à la société "repliée sur elle-même" dont Nicolas Sarkozy serait le héraut. A Aix-en-Provence, la candidate socialiste à l'élection présidentielle a réservé ses flèches au seul candidat de l'UMP, nommément cité.

A un mois du premier tour, la candidate socialiste s'est présentée comme une "femme libre, ancrée dans [ses] convictions de gauche mais ouverte sur le socialisme du réel". Mais à l'heure où le candidat centriste séduit une frange social-libérale du PS, Ségolène Royal a insisté sur son intention "de rassembler bien au-delà des partis politiques".

 

Les Français, "on les divise, on les dresse les uns contre les autres. (...) Je ne veux plus d'une France repliée sur elle-même qui a peur des autres et qui s'enfonce dans le communautarisme, l'individualisme, et les discriminations", a insisté Ségolène Royal devant plusieurs centaines de personnes. "Je vous propose de construire une France fière d'elle-même, qui se relève, une France neuve, bien au clair sur ses valeurs, (...) appuyée sur des solidarités solides."

 

Dans la matinée, la candidate du PS a visité le camp des Milles, près d'Aix-en-Provence, où transitèrent 10 000 personnes sous Vichy, dont 2 500 furent déportées vers Drancy et Auschwitz. Devant l'ancienne usine de briques, "étape d'ombre" de l'histoire de France, elle a de nouveau fait allusion à l'identité nationale, dont elle n'entend pas laisser le monopole à son adversaire de droite.

 

Entourée des représentants de tous les cultes et du président du CRIF régional, elle a souligné l'importance des lieux de mémoire, indispensables pour "comprendre comment des Français ont pu déporter des Français mais aussi beaucoup d'étrangers (...) qui quittaient le fascisme de leur pays". "Je crois que cela fait réfléchir sur l'identité française. (...) C'est en ayant le courage de regarder notre histoire en face que nous pouvons continuer à forger notre identité nationale", a-t-elle déclaré dans la cour du grand bâtiment rose.


 

"Je veux vous parler avec gravité,
vous avez une responsabilité éminente"

(Marseille - 22 mars 2007)

A un mois "jour pour jour du jour où la France va choisir son destin (...), je voudrais d'abord vous dire que je ne veux pas que le 22 avril ressemble au 21 avril" 2002 (jour où Lionel Jospin a été éliminé dès le premier tour de la présidentielle), a déclaré la candidate socialiste, Ségolène Royal, jeudi soir 22 mars, lors d'un meeting à Marseille.

"C'est pourquoi cette dernière étape est si importante et c'est pourquoi ce soir, je veux vous parler avec gravité parce que vous avez une responsabilité éminente, (...) la responsabilité d'aller convaincre toutes celles et tous ceux qui ont de nouveau envie de croire en l'efficacité politique", a-t-elle souligné, devant plus de 8 000 personnes rassemblées au Dôme.

 

"Mettez-vous en mouvement pour construire une France juste, une France forte ! Mettez-vous en mouvement pour faire gagner la France, pour la relever ! Je suis sûre que nous gagnerons parce que les Français ne demandent que cela", a-t-elle lancé, avant de faire jouer la Marseillaise, "chant de toutes les libertés, chant de tous les républicains".

 

A 31 jours du premier tour, "les Français sont face à des choix clairs, projet contre projet", a estimé Ségolène Royal, classant François Bayrou et Nicolas Sarkozy sous une seule et même dénomination, "les deux candidats de droite", et les renvoyant dans le camp des sortants.

 

"L'HEURE DE LA VERITE VA BIENTOT SONNER"

 

Elle a opposé la situation "que nous laisse la droite d'une France frileuse, repliée sur elle-même qui a peur de regarder le monde" à son "pacte présidentiel", porteur à ses yeux de la "défense de toutes les formes de solidarités, de toutes les formes de services publics et [de] l'invention de toutes les nouvelles formes de sécurité".

 

"L'heure de la vérité va bientôt sonner et la première de ces vérités, c'est que ceux qui ont laissé la France dans l'état où elle se trouve (...) ceux-là ne peuvent pas incarner la France neuve, ceux-là ne peuvent pas prétendre qu'ils feront la rupture", a-t-elle insisté.

 

Contrairement à son habitude, elle a cité sur scène le nom du candidat de l'UMP, déclenchant les sifflets de la salle avant qu'elle ne les arrête d'un geste de la main. "Non! Pas de ouh même si vous en avez envie !", a-t-elle intimé face à des milliers de petits panneaux "Ségolène présidente" rouge et violet. "Je m'abstiens de toute attaque personnelle. Je leur laisse cela. D'ailleurs, ils s'y emploient beaucoup l'un contre l'autre. Moi, je vous parle des idées et de la conception de la France", a-t-elle fait valoir.

 

Sur scène avant elle, l'ancien porte-parole des Verts, Stéphane Pocrain, a lancé un appel au rassemblement de toutes les forces de gauche. "Oui, j'ai des désaccords" avec la candidate socialiste, a-t-il reconnu, "mais ces désaccords ne vaudront rien demain face à la victoire de Nicolas Sarkozy Sarkozy ou de François Bayrou". "Si on veut qu'il y ait une gauche tout court qui existe (...) je ne connais pas d'autre méthode que le rassemblement".

 

Par christian - Publié dans : DERNIERES MINUTES D'A.L.
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